Reportage

Des affiches impressionnantes jusqu’à l’organisation, nous sommes gâtés en Belgique en matière de festivals. Il y a peu de raisons d’aller voir ailleurs. OK, Coachella avait bien quelque chose qui valait le détour mais patauger une seule fois dans le chaos de Glastonbury a suffi. Non, il n’existe qu’un seul grand festival à l’étranger que nous cochons, déjà pour la sixième année d’affilée, en septembre dans notre agenda : le Primavera Sound à Barcelone. Voici pourquoi.

Bienvenue à Barcelone

Peu importe le nombre de fois que vous y avez déjà été, Barcelone reste l’une des villes les plus animées d’Europe. Ajoutez une ou deux journées aux dates du festival et partez du même coup en city-trip. La fin mai, début juin est d’ailleurs la période idéale. Vous ne pouvez pas prendre beaucoup de jours de congé ? La combinaison city-trip est encore une option : le festival ne commence qu’aux environs de 16h et la plaine du festival n’est jamais à plus de 25 minutes en transports en commun de la ville.

De l’air

On l’admet, la plupart des festivals sont aussi en grande partie des événements en plein air. Mais néanmoins, la plaine du festival au Parc Del Fòrum se trouve littéralement au bord de la Méditerranée. Un emplacement sur la plage a même été réservé pour les festivaliers. Pas de risque de connaître des conditions boueuses en cas de météo rarement mauvaise, mais une infrastructure moderne qui, point de vue superficie, peut facilement accueillir le double des 200.000 visiteurs annuellement autorisés.

L’un des derniers festivals indépendants

Là où aujourd’hui quasiment chaque grand (et moyen) festival est aux mains d’un des trois grands promoteurs de concert internationaux, Primavera reste encore obstinément indépendant. Il a trouvé en SEAT, dont le siège social se trouve dans la capitale catalane, un sponsor ‘local’ stratégique pour conserver encore quelque peu cette indépendance. Bien que nous devions prévenir le visiteur belge que l’autre partenaire stratégique se nomme Heineken…

Affiche unique

Cette indépendance signifie que Primavera ne doit pas accueillir de packages fixes d’artistes. Vous verrez donc s’y produire des groupes qui effectuent leur unique apparition européenne de l’année et ce, même depuis plus longtemps. L’affiche fait la part belle aux groupes alternatifs et à un large éventail de genres. Dans certains cas, il s’agit de numéros internationaux de haut vol. Certains sont sur le point de percer. Et d’autres, comme le producteur de Shellac Steve Albini, se fiche de savoir s’il réussira. Mais eux aussi descendent chaque année à Barcelone pour prendre l’espace d’une heure 700 fans dévoués en otage.

Respectueux de la musique

Peu de grands festivals comptent autant de bars, de stands de nourriture et de toilettes que Primavera. Rarement aussi un festival présente-t-il autant de points de contact pour dénoncer des comportements inopportuns ou sexuels transgressant, alors qu’il s’agit en même temps du festival qui n’a jamais fait de vagues à ce niveau après toutes ces années. Le Parc Del Fòrum est partagé par un public international originaire de plus de 125 pays. Et bien que l’ambiance générale zigzague entre convivialité et exubérance, la majorité du public semble effectivement être venue pour la musique. Et pour un festival de cette envergure, c’est aujourd’hui une rareté rafraîchissante.   

Primavera Sound se déroule les 30, 31 mai et 1er juin à Barcelone. Nous avons déjà nos billets en poche et vous ferons volontiers un compte-rendu de l’édition 2019.