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Environ septante pourcent de tous les passagers d’une voiture se sentiront mal pendant le trajet. Il s’agit d’une problématique à laquelle les constructeurs automobiles accordent étonnamment beaucoup d’attention, qui plus est avec l’arrivée des voitures autonomes. Un fabricant a peut-être même déjà trouvé la solution.

Le mal des transports se manifeste sous différentes formes et gradations. Il survient un peu plus fréquemment chez les enfants, parce que leur cerveau n’est pas encore complètement développé, mais il existe également beaucoup d’adultes qui expérimentent des maux de tête, des indispositions ou une sensation d’étourdissement quand ils sont assis pendant un certain temps dans une voiture en mouvement. Cela est causé par une sorte de ‘court-circuit’ dans le cerveau: les yeux indiquent que vous êtes en mouvement, mais selon l’oreille interne, qui régule l’équilibre, vous êtes à l’arrêt. Curieusement, les chauffeurs s’en trouvent nettement moins affectés que les passagers: être concentré sur ce qui se passe sur la route, en dehors de la voiture donc, aide.

Eléments déclencheurs

La médecine a, entre-temps, déjà découvert un certain nombre des principaux éléments déclencheurs du problème. Celui qui lit pendant le trajet, sera plus rapidement affecté. Celui qui voyage à l’arrière également. La fatigue, la consommation d’alcool, la faim (ou exactement le contraire : avoir tout juste mangé) et la déshydratation aggravent également la situation. Il semble aussi que le phénomène se produise un peu plus souvent dans les petits véhicules.

Il existe, face à l’une de ces causes, un certain nombre de moyens simples qui permettent de lutter contre ce problème. Ne pas manger d’aliments gras ou épicés avant de prendre la route aide, par exemple. Ne pas boire d’alcool (également pour les passagers), car l’alcool n’a pas une bonne influence et contribue en outre à la déshydratation. Mais ne rien manger n’est pas bon non plus: si vous devez faire un trajet pendant 45 à 60 minutes, prendre un repas léger est conseillé. Et si cela le mal des transports se manifeste tout de même: ouvrez les fenêtres un court instant afin de faire entrer dans le véhicule un peu d’air frais.

Score de bien-être

Un certain nombre de constructeurs automobiles mettent aujourd’hui beaucoup d’énergie et de moyens dans l’étude du problème. Le fabricant britannique Jaguar Land Rover fait figure de pionnier sur ce plan, et pense avoir trouvé la solution : un algorithme informatique. Il génère un ‘score de bien-être’ pour chaque passager, qui sert ensuite de base pour les réglages individuels du siège de cette personne.

Le score peut être déterminé sur base de données biométriques simples, qui peuvent être mesurées au moyen de capteurs corporels. Pour la création de cet algorithme, Jaguar Land Rover a d’abord effectué quelque 24.000 kilomètres d’essais avec des passagers, auxquels il a été demandé de réaliser diverses tâches durant le trajet, comme lire ou consulter des e-mails. Sur base de la collecte de ces données, des réactions physiologiques individuelles peuvent être reliées à des aspects tels que le style de conduite, le réglage des sièges ou les mouvements.

Savoir avant que cela se produise

Selon Steve Iley, Chief Medical Officer de Jaguar Land Rover, la voiture du futur sait qu’un passager se sentira mal avant qu’il le remarque lui-même. L’idée est que chaque passager reçoive un ‘score de bien-être’, qui indique par le biais de capteurs biométriques recueillant des signaux physiologiques, le degré de sensibilité au mal des transports des chauffeurs et passagers. En combinant les informations de ces capteurs avec des données de conduite et de mouvements, la voiture saura parfaitement quel passager ou conducteur est atteint du mal des transports avant même qu’il le ressente lui-même. Il s’agit de démarches, dit Iley, qui doivent faire en sorte que « voyager en voiture devienne agréable, indépendamment de la sensibilité d’un individu au mal des transports ».

Les données des recherches sont également utilisées pour rendre les futurs réglages des sièges plus précis : la Jaguar E-PACE, par exemple, possède 26 configurations de siège différentes afin que les passagers puissent ajuster l’écran multimédia à la hauteur idéale des yeux. La technologie Adaptive Dynamics au sein de l’E-PACE compense aussi toutes les dix millisecondes les petits mouvements de basse fréquence de la route. Les recherches n’en sont encore qu’à leurs débuts, mais Jaguar Land Rover souhaite offrir à terme à chaque individu qui montera dans sa voiture l’expérience de conduite personnalisée ultime.

Meilleurs véhicules autonomes

Qui plus est avec l’arrivée des véhicules autonomes, les constructeurs automobiles savent qu’il est également grand temps pour eux de prendre le problème à bras le corps. Lors d’un trajet autonome dans le futur, il n’y aura effectivement plus de véritable chauffeur, et il est fort possible que la position des sièges soit totalement modifiée. Dans une configuration en vis-à-vis par exemple, lorsque plus personne ne s’inquiètera de ce qui se passe à l’extérieur du véhicule, le problème pourra encore s’aggraver. “Les passagers bénéficieront de plus de temps pour travailler, lire ou se reposer lorsqu’ils feront la navette”, explique Spencer Salter, Wellness Technology Researcher chez Jaguar Land Rover. “Mais il est important que nous développions des véhicules qui s’adaptent aux effets du mal des transports.”